mardi 28 avril 2015

22 - DANSE

Dans son Dialogue avec Rothko, la danseuse-chorégraphe Carolyn Carlson trace dans l'espace, le temps, le son et avec une poétique précision le cheminement d'un artiste, le geste créateur. Ses mains deviennent un lieu de rituel. C'est une calligraphie corporelle qui me touche profondément. Elle est accompagnée par la musique aimante du violoncelliste Jean-Paul Dessy, à côté d'elle sur scène. Elle le dit : l'esprit ne vieillit jamais.

Danse

À Carolyn Carlson

Humblement, sans un tremblement, tendrement, rappeler les fantômes. Marcher sur les nuages, dans un frôlement d'yeux et d'eau.
Devenir cet être et sa question, dans un désir de saisir puis de lâcher, de chercher, de ramasser, de cueillir les sons, d'en faire des gestes de lumière.
Choisir de s'offrir et de prendre, de se disposer en réceptacle.
Enfiler les gants du don et jongler avec des pincées de couleurs, voir le rebond de nos bras sur l'air.
Nous déprendre de nos baluchons et nous en coiffer.
Et que nos craies crissent sur notre mémoire.
Et que nos gestes anciens soient essuyés pour en dessiner de plus bleus.

Comprendre que le corps, quand il danse, est enfin.