Sous
le plomb de l'air, du nerf à vif. Une impatience crispe les gestes.
L'indécision fait tanguer.
On
sait que même l'orage ne pansera pas l'irritation qui est ailleurs :
dans l'attente de rien, l'interminable surplace, l'inconfort
permanent.
On
aimerait la placidité des bêtes. On tend vers le point où le
lointain se dévoile, où la musique enfin déploie sa respiration.
Mais
toujours, dans son clapot, l'eau de l'empêchement lèche nos yeux.
Il s'en serait fallu de peu pourtant... un ver luisant aurait pu
combler ces hiatus. Ou bien le chant blessé des engoulevents. Les
pois de senteur éclaboussant les fossés.
Mais
non, même le sommeil se refuse, nous n'en avons que la lourdeur ;
pas le repos ni l'oubli.
Et
depuis quand cet épuisement de tout nous est venu ?
Et voilà que de l'eau des ruisseaux et des rêves, nous passons à celle que le ciel balance généreusement sur la terre (et nos têtes). Bachelard serait content : il ne manque que le feu, quoique les éclairs des orages peuvent faire office. Je préfère être DANS que SOUS l'eau mais suis contente que la terre s'imbibe.
J'ai vraiment trouvé des pépites dans les ruisseaux de Gaston, " Une grammaire pour explorer notre être au monde " comme le dit si bien Jean-Philippe Pierron, philosophe, spécialiste de Bachelard.
Dans le ruisseau parle la Nature enfant * parce que c'est toute une jeunesse, une vivacité, une fraîcheur qui s'expriment dans le ruisseau. C'est le ruisseau de Schubert... et l'écriture de Bachelard coule et dérive comme une improvisation.
Mais on y croise aussi les eaux dormantes, profondes, mortes, " l'eau lourde " d'Edgar POË. C'est une eau malheureuse, sa peine est infinie et le rêveur n'y rencontre que son passé ou la mort.
On y croise aussi Caron, le passeur souterrain d'une rive à l'autre, de vie à trépas, et cette pauvre Ophélie (au fil de l'eau) morte presque par inadvertance dans les eaux désirées. Silence ici...
Narcisse vient mais il n'est pas seul à contempler son image. Le ciel et les arbres aussi se mirent et se trouvent beaux, sans doute. L'œil véritable de la terre, c'est l'eau. *
Et l'eau-mère, mer, le lait du lac, principe féminin par excellence, principe de vie L'eau nous porte. L'eau nous berce. L'eau nous endort. L'eau nous rend notre mère. *
Je voudrais aussi vous faire connaître ce texte -parution posthume - de mon amie Catherine Sanchez, extrait de Maka ma mère suivi de Ode au courant du ruisseau - Pleine Page, 2014 (Terre d'ombre) :
Et pour terminer avec les beaux mots de Bachelard, je vous propose enfin ceci : Venez, ô mes amis, dans le clair matin, chanter les voyelles du ruisseau ! Où est notre première souffrance ? Celle que nous avons hésité à dire... Elle est née dans les heures où nous avons entassé en nous des choses tues. Le ruisseau vous apprendra à parler quand même, malgré les peines et les souvenirs, il vous apprendra l'énergie par le poème. Il vous redira, à chaque instant, quelque beau mot tout rond qui roule sur les pierres. *
Et dessous, une autre pépite :
P.S. : Toutes les citations gras italiques suivies d'un * sont extraites de L'Eau et les rêves - Gaston Bachelard.
P.P.S. : Pour construire le texte que j'ai proposé à mes amis du GIHP que je rencontre une fois par mois, je me suis aussi appuyée sur une réflexion de Michèle Pichon portant sur Bachelard dont, faute d'information, je ne peux dire plus.
P.P.P.S. : j'ai failli ajouter mon Oubli des étangs mais mon post aurait été trop long... À suivre, au fil de l'eau.
Et septembre - le septième mois de l'année comme son nom l'indique puisque l'année commence en mars - commence. Il peut commencer comme ça , sur le balcon (ci dessus) ou comme ça, avec Django : et c'est de la douceur, du bleu pas blues.
De la ballade ou balade. Fini l'écrasement des lumières. Finie l'attente d'on ne sait quoi, l'excitation bête : on n'attend plus, tout est là. L'impatience se tait. L'énervement s'arrête. Quelque chose s'achève et - n'en déplaise à certains - je dis : " enfin ! ". Pour moi, quelque chose commence. L'eau du Bassin va se clarifier. D'ailleurs, j'y file pour goûter ces clartés, cette transparence retrouvée.
Au retour, on se penchera sérieusement sur Bachelard et ses eaux rêveuses et sur Barthes qui craignait d'être un imposteur et qui fut traité d' "anguille ". Mais c'est très beau, les anguilles (et bon, en plus) ! Bref, on se remettra quand même au travail. Mais pour l'instant, partons retrouver l'étincelant, le frais, le vif ! (Photo Clarisse Mèneret)
Voilà, le temps ça ressemble à ça : jamais nous nous baignons dans la même eau ! Et d'eau, il en fût beaucoup question. Ce temps passé dans lequel nous nous baignions, qui nous baignait quand la pluie tombait. Le plus heureux d'entre nous tous, le chien d'eau - quoique privé de sa maîtresse - puisque pour lui, toute eau est bonne !
Il y eut beaucoup d'orages, non ? J'entends des vieux mots : " les orages du 15 août.... après, l'été bascule ". C'était vrai ? Même les orages sont précoces maintenant... Et nous sommes le dernier jour d'août et l'été n'a pas vraiment basculé. Y a pus d'saison.
D'autres lieux s'ajoutent à ma mémoire d'eau, des contours indéfinis, le bout d'une terre qui ne veut s'achever et pousse son herbe dans l'eau sous une pleine lune qui observe. D'une terre ou bien d'une eau qui pousse son museau ? Des hommes vaquent à de mystérieuses occupations dans ces endroits sans nom : on s'installe là, on est pris par un mystère total de crépuscule, d'éléments croisés, de couleurs inédites, un petit flamenco dans l'oreille, déplacé lui aussi.
Et au même moment, une amie m'envoie le lien vers l'émission sur Bachelard et L'Eau et les rêves dont le titre est plus précisément Le corps des larmes. Pas de place pour les larmes : la contemplation prend toute la place, comme la musique, et l'on n'existe plus. On s'efface. On est saisi par l'immatériel.
https://www.facebook.com/Dormirmoinsbete/videos/909768195727391/
Je pense que le lien est inactif parce que ce n'est pas Youtube ou autre fournisseur : à voir sur Dormir moins bête : Quand le paon fait la roue ! Et vous avez plein d'images parce que pour certains, c'est la rentrée.
J'admire ceux et celles qui, la main sûre et le geste précis, vous préparent une valise en deux temps trois mouvements. Cela m'impressionne beaucoup. Je connais des spécialistes, certain(e)s m'ont même enseigné l'art de boucher les espaces avec des chaussettes ou des petites culottes... Je ne pars plus beaucoup, pas très loin et jamais pour très longtemps. Tout est relatif et cela ne change rien à cette affaire de bagages. En plus cette fois, je ne partais pas seule et si les bagages du copain (il ne sait pas les faire tout seul) se résument à une couverture, une vieille serviette de bain, une grande laisse très costaude et surtout... les croquettes, il faut quand même penser à tout. J'oubliais la trousse pharmacie spéciale chien à bobos !
Revenons à nos bagages ! On fait comme notre mère nous a appris : on part du bas : chaussettes, chaussures, on remonte, pantalons, jupe etc. : ça aide un peu. On pense à la météo et on rajoute un lainage et même un imper. En plus, il y aura deux maisons successives, différentes dedans et dehors : on prévoit donc pour deux SOI différents, on ne sera pas la même. Le départ, même si la distance est infime entre les deux lieux que l'on habitera, se complique. L'ailleurs se multiplie. Et les chaussures aussi, on sait bien que l'on ne pourra marcher pieds nus tout le temps. On en emporte trop, on le sait mais plus on fait, défait, refait, moins on trouve à enlever, au contraire on en rajoute. " Si je ne l'emporte pas, je vais le regretter. "
Et au retour... quel cauchemar ! On aimerait que les affaires aillent toutes seules dans la machine, sur le fil, et en volant comme le tapis de Sinbad retournent à leur place. On retrouve des odeurs d'eau, bains de rivière, d'herbe, de bois, de feux de cheminée (si si, il en fallut quelques uns).
On attend un peu... on sait qu'on va repartir. J'ai rien oublié ?
Vous n'y coupez pas :
Vivre, quel risque ! Toutes sortes de risques, de dangers, de pièges, de choix... Quel risque y a-t-il à n'aimer personne ? Ce pauvre et triste Bukowski me navre : n'aimait rien que sa bière... Vais m'attirer des ennuis parce que les fans de Bukowski sont légion mais moi, son discours me navre, son travail me navre, sa vie me navre. Bref, il est, (ou plutôt a été) de bon ton d'aimer le soufre pour le soufre. Parce qu'enfin on pouvait parler de p..., de m..., de zizis, de cuites monumentales. Mais ce que ça vieillit mal ! Ce dégoût de soi ! Alors oui, parfois, c'est dur de mettre un pied devant l'autre mais c'est encore plus dur quand on se regarde le nombril. On se prend les pieds. Préfère un Gainsbourg qui ciselait l'or de ses mots et de ses notes et n'avait pas peur d'aimer et de le dire. Picole mais crée ! Et puis j'entends une dame à la radio, Toto la Momposina, une dame colombienne qui transforme le mot folklore en conflor (avec fleur) : une voix étonnante, tout un monde lointain, du rythme dans le vif : https://www.youtube.com/watch?v=Vptjlofa70w Prende la vela, oui mettre les voiles, à la rencontre de la vie, de Jupiter et Vénus qui se tiennent par la main en ce moment dans le ciel du soir et (merci VHM) d'un papillon nommé Greta Oto dont les ailes sont transparentes. Elle est pas belle, la vida ?
J'avais déjà parlé de cette chanteuse et une amie en reparle et moi, je repars avec et ne m'en lasse pas. Momento Magico, mais plein d'autres titres où elle balade sa voix, y compris un charmant India song sur l'album Voyage... Et il ne faut pas passer à côté des moments magiques. Il faut même aller les chercher, voire les créer. Car ils se présentent rarement d'eux-mêmes. Et puis quoi encore ?
Sur le balcon toujours les capucines ( donc, les bourdons et les abeilles) et pour la première fois aussi, des pois de senteur ! Senteur... Sentiers... Sentiments... Sensations. Des pois de sensation, légers comme des papillons, pois sans poids. Mais surtout, surtout, un film : MUSTANG à voir toutes affaires cessantes.
Denez Gamze Ergüven filme un drame où l'on rigole, une force de vie qui va, un travail de résistance contre le patriarcat et la sexualité d'autant plus obsédante qu'elle est en prison. Un torrent, un désir de liberté raconté par la dernière des cinq sœurs, Lale. C'est juste, précis, au plus près des visages, des déplacements, pas de fioritures, du direct, " des robes marron couleur de merde ". Quel film ! Quand je vous aurai dit que la jeune Lale ressemble énormément à une jeune fille qui m'est très chère, (la première, sur la photo) vous douterez peut-être de mon objectivité. N'en faites rien ! Voyez, MUSTANG. Vous m'en direz des nouvelles (j'aime bien cette expression). http://www.aufeminin.com/bandes-annonces-film/mustang-2015-n266669.html Bravo les filles !
Drôle de temps ! Drôle de tout, d'ailleurs... Entendre une femme parler du suicide de son eucalyptus n'est pas chose à vous apaiser. Cette femme avait à vider une grande maison après la mort de ses parents. Son père faisait partie de la tribu " je-garde-tout- on-ne-sait-jamais " (tribu que je connais un peu et redoute beaucoup). La maison était donc un invraisemblable pandémonium contenant des milliards d'objets. La femme commença par essayer de trier mais entre la centaine de violons, les dizaines de paniers de toutes sortes, les outils innombrables et j'en passe, elle finit dans un grand épuisement moral et physique. Elle décida de tout donner. Et quelques jours après cette décision, elle revint à la maison d'enfance et constata que l'eucalyptus du jardin était en train de crever. Une voisine - sorcière, sûrement - lui dit : " J'ai déjà vu ça, les eucalyptus se suicident parfois ". Vivre un moment d'extase - littéralement sortie de soi - n'est pas chose courante non plus : l'autre soir, à la campagne, dans la contemplation du ballet parfait des pipistrelles et de deux étoiles très brillantes, une chouette est passée dans un silence total. Une plénitude infiniment calme, une abstraction étonnante se sont déposées : disparition de la pesanteur. Et enfin, enfin, depuis le temps que j'essayais, je vois fleurir sur mon balcon une capucine et ça m'est une joie intense, comme un petit feu allumé jour et nuit :
Et cette musique, easy and rough, c'est du feu, de la nuit et c'est chouette ! Une extase. P.S. : trouvé cette version de Proud Mary avec Cher et Elton John et ma foi, c'est pas mal. Si vous aimez Tina Turner, courez voir la version de Rio, 1988, ce n'est plus du feu, c'est un brasier !
Et voilà, il suffit de quelques jours décoiffés pour que j'abandonne les écrans et me lance à la recherche des vents aux noms subtils : l'Harmattan et l'Autan, le Suroît et le Sirocco, le Pampero, le Chergui de mon pays, et bien sûr le délicieux Zéphyr. Des jours de plumes et de porcelaine, exceptées quelques turbulences passagères ou de prodigieux agacements, grincements de dents. Faut dire qu'il n'y a pas que le vent qui nous bouscule ! On entend de ces choses... On n'a qu'à pas écouter mais il faudrait tout éteindre et vivre en ermite et ça, je ne sais pas faire. Pas encore... Écouter cette musique (merci, l'amie de toujours pour ces découvertes anciennes et toujours présentes, tu te reconnaîtras bien sûr, Albi et Le Combat de Tancrède, hein ?), jouir de cette joie pas si simple. Je ne sais pas si la joie est simple. Monteverdi Zefiro torna..., j'espère que le lien marche ! https://www.youtube.com/watch?v=85tCzdRt6UE
Et chaque soir, avant et pour s'endormir, chercher une harmonie, la belle image ou le beau son du jour. Tenter de passer outre les colères et ceux qui les provoquent, leur souffler dessus comme sur la fleur de pissenlit ; se souvenir alors du vieux dictionnaire de l'enfance qui vous accompagne encore et dont la devise est " Je sème à tous vents ". Et que s'en aillent alors dans le vent de votre choix toutes les petites esquilles plantées dans la tête.
En retard pour Sakura ! Mais mon camarade me dit qu'il a entendu un vieux monsieur japonais parler des cerisiers et de leur floraison et cela me donne envie de l'évoquer à mon tour. J'ai fait mon deuxième voyage (je ne dis pas second puisqu'il ne faut pas exclure un troisième) au Japon au mois de mars et j'y ai vécu Sakura. J'étais assez jeune... Là-bas, en même temps que la météo, on donne le niveau d'avancement de la floraison en pourcentage. C'est une occasion pour tout le monde de se réunir, de pique-niquer sous les arbres fleuris, de se réjouir du printemps et de la beauté de la nature. Sakura sonne comme Hourra. Les arbres sont très importants dans ce pays, ils sont l'objet d'une réelle vénération. De ce point de vue, j'étais en harmonie. Mon premier voyage avait eu lieu en automne et les arbres - érables, gingkos et toujours nos cerisiers - s'enflammaient... Une autre palette, d'autres sensations, sentiments, symboles. Un feu d'artifice avant l'extinction des feux. Mais pour revenir au hanami (regarder les fleurs), c'est maintenant que j'en comprends la symbolique de l'IMPERMANENCE, jusqu'à la chute des fleurs qui dit l'homme se détachant du monde.
Toutes les photos sont de Philippe Pelletier. Merci à lui pour les photos mais pas que... Je lui dois mes Japon(s). Le tableau est de Vincent Van Gogh. La musique est de Philip Glass : Orphee's bedroom extrait de la suite pour piano Orphée https://www.youtube.com/watch?v=MmBkdvi0qfU
Dans son Dialogue avec Rothko, la danseuse-chorégraphe Carolyn Carlson trace dans l'espace, le temps, le son et avec une poétique précision le cheminement d'un artiste, le geste créateur. Ses mains deviennent un lieu de rituel. C'est une calligraphie corporelle qui me touche profondément. Elle est accompagnée par la musique aimante du violoncelliste Jean-Paul Dessy, à côté d'elle sur scène. Elle le dit : l'esprit ne vieillit jamais.
Danse
À
Carolyn Carlson
Humblement,
sans un tremblement, tendrement, rappeler les fantômes. Marcher sur
les nuages, dans un frôlement d'yeux et d'eau.
Devenir
cet être et sa question, dans un désir de saisir puis de lâcher,
de chercher, de ramasser, de cueillir les sons, d'en faire des gestes
de lumière.
Choisir
de s'offrir et de prendre, de se disposer en réceptacle.
Enfiler
les gants du don et jongler avec des pincées de couleurs, voir le
rebond de nos bras sur l'air.
Nous
déprendre de nos baluchons et nous en coiffer.
Et
que nos craies crissent sur notre mémoire.
Et
que nos gestes anciens soient essuyés pour en dessiner de plus
bleus.
Comprendre
que le corps, quand il danse, est enfin.
Wim Wenders est là, sur le plateau de 28 minutes (Arte)... Il répond finement, figue et raisin, mais ça fait mouche, ça touche à chaque fois. Une petite flèche d'intelligence lorsqu'il parle de cette Europe qui n'est qu'économique et pas encore une émotion. C'est jubilatoire. Et je me souviens d'Alice dans les villes, de L'ami américain (avec mon chouchou, Bruno Ganz qui m'avait inspiré un billet du temps d'over-blog : http://tempesdutemps.over-blog.fr/article-bruno-ganz-55434095.html), de Buena vista social club, et du fantastique, de l'indispensable Pina...
Everything will be find est son dernier film : il évoque la culpabilité d'écrire un livre à partir d'un drame personnel sans avoir demandé à la victime son accord. À la fin de l'entretien, il le dit : Les ailes du désir, les îles du désert et ça me fait plaisir, tout simplement. Et je ne m'arrête plus, je retourne au Texas avec Ry Cooder, ça plane Ry... des lieux en forme de silence, des sons perdus aux confins d'un monde qui peut-être n'existe que par l'écho.
Et je trouve, extrait des Ailes du désir ce magnifique poème de Peter Handke Lorsque l'enfant était enfant, ces images de la trapéziste, de Bruno Ganz, de Peter Falk. Et je retombe dans le poème du film : https://www.youtube.com/watch?v=deFSC741coQ Faut que je m'arrête. Sinon... Juste méditer sa phrase, en fin d'émission : " Le réel doit l'emporter sur la fiction. "
Faut pas croire qu'on passe son temps là à râler et se lamenter ! Même si c'est trop, trop fort et trop vite, ce bout d'été dans le printemps, qui s'en plaindrait ? Surtout quand on sait - bonheur total - que la pluie va revenir. Oui, la pluie est un bonheur complet pour moi. D'abord parce que c'est de l'eau et que j'aime l'eau plus que tout. Ensuite parce que tout le monde en a besoin, tous règnes confondus. En l'attendant, on s'agrippe à toute cette lumière. Même si le monde n'est pas au mieux, on a de petites et des grandes joies. Exemple : le vieil Hubert Reeves disant à Michel Onfray " Pas d'accord avec votre livre sur Freud qui est un Christophe Colomb : il a découvert le continent de la psyché et de l'inconscient ". Et l'autre, comme un p'tit gars qui prend un coup de règle sur les doigts. Mais quand même, tous deux étaient d'accord pour dire qu'il fallait absolument que les enfants voient les étoiles et la voie lactée. Bon moment, belle rencontre.
Béat aussi devant les mots de ces enfants qui - avec les pauvres (dixit Paul Ricœur) - sont nos maîtres : Le vent tiède et jaune Se promène dans le parc Il est en ballade Maël, 6 ans
Et je salue au passage l'amie et son jardin où il se passe des choses à la fois inquiétantes et... " attachantes ". Une personne qui m'a aidée à réfléchir et à donner du sens disait : " L'attachement, oui. L'attachement à l'attachement, mmhhh, non. " C'est le B-A, BA mais ça va mieux en le disant.
Je me réveille un matin avec un reste de rêve accroché dans l'oreille : à l'école, la maîtresse parle des " nuisibles " et ce mot m'inquiète. Tout à fait éveillée, je cherche de quels animaux elle parlait. Les souris sans doute (ici, un mulot, j'en vois parfois dans mes balades, c'est tout petit), les renards, c'est sûr. Et ma gêne persiste. Enfant, ai-je ressenti un malaise avec ce mot ou bien est-ce un souvenir reconstruit ? Et je comprends ce qui me perturbe tant : l'anthropocentrisme ! Nous seuls comptons, nous seuls avons le droit de nous nourrir (en empoisonnant la terre), la terre nous appartient en exclusivité. Voilà, ils NOUS gênent, grignotent NOS salades, piètinent NOS champs de blé et, de temps en temps bouffent un humain. Ils ont juste le droit d'être abattus et bouffés. (Pas les mulots mais ça viendra)
Et je ne peux éviter les images de massacres de phoques, d'éléphants, de rhinocéros et j'en passe. Pour finir, je me dis : l'animal le plus nuisible, sans l'ombre d'un doute, c'est l'homme.
Sans transition, autre étonement - quoique... - le vendredi 10 avril, hier donc, je vais chez le buraliste pour acheter Sud-Ouest m'attendant à trouver en une des photos et un compte-rendu de la manifestation de la veille : on était nombreux ! Eh bien, rien ! Ça n'a pas existé, il ne s'est rien passé. Les bras m'en tombent. Et chaque fois que la voix de France-Culture et France-Musique vient dire qu' " en raison de, nous ne sommes pas en mesure, etc etc. " j'entends la " défonce " de l'emploi au lieu de la défense. Je suis sûre qu'il dit " défonce ". Un jour, plus de France-Musique.
Pour finir, un ami me téléphone du Nouveau-Mexique : il est français ET noir. Il me dit qu'il se fait arrêter à peu près tous les quinze jours, comme ça, pour vérification d'identité. Il est résigné et triste. Il a peur parfois parce que presque tout le monde est armé. On a vu ce que ça donne.
Lu quelque part, c'est Macron qui parle : " Ce serait bien de donner à quelques jeunes l'envie d'être milliardaire ". Quel beau projet, quelle enthousiasmante perpective, l'envie d'être milliardaire, c'est vrai que c'est exaltant ! - Qu'est-ce que vous voulez faire dans la vie ? - Milliardaire. - Ah oui ? Mhhh, mouais, pas mal, ça fait rêver ! Qu'est-ce qu'il faut faire comme études ? Heureusement, je ne lis pas que des trucs comme ça... Lu aussi (merci, Martin !), dévoré, devrais-je dire, le magnifique livre de Alessandro Baricco, Mr GWYN. Une réflexion d'une incroyable finesse sur l'acte créateur assortie de portraits d'êtres humains somptueux. Élégance et profondeur totales. Et je savoure, à petites lampées, le Journal quotidien (21 septembre 1898 - 21 avril 1899) de Jehan-Rictus (merci, VHM), sous-titre La question du pain est à peu près résolue, restent le loyer, le pétrole et l'amour. Il faut le lire, c'est chez Claire Paulhan, ça vient de paraître. L'appareil de notes est remarquable. Et puis, Bauchau avec ses Vallées du bonheur profond, dans lequel nous accompagnons Antigone et œdipe, Sophocle et Constantin sur les chemins de la connaissance. Beau livre étrange. On est loin de Macron et... youpee ! Moi, dans la vie, je veux LIRE (et écouter de la musique) mais il est vrai que je ne suis pas jeune. http://www.dailymotion.com/video/x2dgzf_ravel-piano-concerto-in-g-major-arg_music Oh s'il vous plaît, écoutez ce mouvement du concerto en sol de Ravel, ça console de tout.
http://www.ina.fr/video/I07338699 Pas toujours... Elle s'ennuie quand, toute embrouillardée, elle est seule avec elle-même. Personne ne la visite, ne l'agite, ne l'éclaire... Il en fut ainsi le premier soir de campagne, exil béni. Brume froide, pas de chauve-souris, pas de lune, pas de chants : une ténèbre, un vide, une disparition. Bienfaisante nuit qui s'ennuyait dans l'inexistence. Mais quelques pervenches, jonquilles et autres muscaris-aux-mauves-museaux plus tard, il y eut cette nuit : des arbres encores nus escaladaient le ciel et au milieu, pimpante, un quartier de lune laissant deviner tout l'astre. Fleuri en dessus par la polaire. Une musique profonde et silencieuse, du silence lumineux. Et j'ai pensé immédiatement au haïku d'un petit bonhomme de huit ans, cadeau inestimable : Qui est la nuit ? Cette nuit si recherchée Pourquoi sommeille-t-elle dans ma main ?
Il était une fois un chaton dans une meurtrière. Les ruines alentours sont des souffrances de pierre. On est saisi par une histoire et par le froid. Pourtant derrière les vestiges, des gens plantent des simples, des plantes aux noms enfouis : pastel, myrte, angélique, origan. Ces mots disent une chanson ancienne, on y croise la médecine et pas loin la sorcière, végétal et minéral sont en épousailles. Des pierres tombales, ciselées de temps, portent des noms et des dates illisibles sauf à savoir l'occitan et le braille.
Il y a des couleurs de ciels qui vont bien au teint de certains lieux, de certains moments : c'était le cas. Une absence de couleur, une lumière sans luminosité, comme une pâleur, une discrétion, un effleurement de calendrier. Des lieux que l'on quitte parce qu'un instant, on a été fantôme et qu'on craint de le rester... https://www.youtube.com/watch?v=IG8Q-Shm0pA
Ben quoi ? C'est rien qu'une petite bête ! Quoi, elle a des piquants ! Mais c'est pour de rire ! Elle arbore aussi des couleurs fantastiques car la nature ose tout : ce bleu turquoise, cet orange, et vert et jaune, allez zou une petite touche de rose, c'est classe ! Je ne me lasse pas. Et j'aimerais qu'il existe un jeu - vendredi treize oblige - où gagnerait celui ou celle qui jouerait la combinaison de couleurs la plus délirante. Mais qui serait juge ? La chenille, bien sûr !
Sereine et enfiévrée, la poésie est énergie. Je découvre, avant d'aller lire quelques textes à la Halle des Chartrons, que le blog de Pierre Rabhi s'appelle " L'insurrection des consciences ". Il y dit, en autres belles choses : " Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu'ensemble ils enfantent, et l'oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel et de la terre. "Et Bonnafé (merci, VHM), parrain de cette 17ème édition du Printemps des poètes cite Novalis : " Plus il y a de poésie, plus il y a de réalité. "
J'avais prévu de lire un texte... et je ne l'ai pas fait. Je vous le livre maintenant :
Nous sommes si séparés
Sur les lèvres, un éblouissement bleu
Si lestés au plexus,
De l'enfance plein la figure, pourtant.
Sans cran de sûreté,
Sans cran d'arrêt,
Sans mot, sans écran
Directement livrés aux lames.
Les mots n'aiment pas les mots d'ordre.
Merci à Jean-Paul, Meriem et Monique et Guylaine...
Médiathèque Flora Tristan, samedi 7 mars. Du soleil. Une douceur palpable. Un lieu clair, agréable. Une écoute de qualité. Un échange vrai, dans " la saveur du réel ", deux univers poétiques qui se croisent et se saluent comme deux amis qu'ils sont. Ils ont à se donner entre eux, se donner à entendre. Croire au combat obstiné du soleil sur la langue, la mort, mille et une fois, battue à pique. Mon sac ajusté à l'épaule. dit Brigitte Giraud dans son beau recueil Seulement la vie, tu sais. Je veux remercier pour cette poignée de minutes les deux bibliothécaires, Lucilia et Marie-Pierre et les deux responsables du Printemps des poètes, Monique et Meriem : merci à elles pour leur accueil chaleureux et leur sourire. Et puis :
dans la superbe médiathèque Condorcet (qui a tant fait pour les femmes), à Libourne, une dizaine d'artistes exposaient leur travail. Ici, Clarisse devant ses photos. Elle dit que le paysage saisit son œil, que ce qui le constitue l'appelle. Elle dit encore que les arbres la choisissent et que ses sujets la précèdent. Elle dit enfin qu'elle n'est que leur interprète. Et j'ajoute que c'est une bonne interprète dans le sens de traductrice et dans celui de musicienne de la lumière. Et dans ce billet si féminin (à part Condorcet), je dédie ce morceau à mon frère qui me l'a remis en oreille : nous les aimions tant : https://www.youtube.com/watch?v=QexOuH8GS-Y Oui, je sais, mais pour moi, pas une ride ou alors de belles rides, douces, celles de ceux qui sourient. P.S. : venez écouter de la poésie, des mots qui chantent et se percutent, Halle des Chartrons, mercredi 11 mars. Nous y serons, Brigitte, moi et d'autres...
Dìptico agudo - Lucie Geffré - 2008 Quelle est la place de la femme dans l'Art, aujourdhui ? C'est la question posée par les organisateurs de la manifestation Fenêtre dur Femmes qui démarre demain à Libourne, médiathèque Condorcet. La personne qui figure sur ce dyptique expose quatre de ses photos demain. Et c'est une femme - Lucie Geffré - qui a peint une amie femme qui fait des photographies. Et là, une autre femme peint : Elle s'appelle Martine Dubilé. Elle peint depuis... toujours. Ou disons qu'elle peignait quand je l'ai connue, il y a ... (chut !). Mes amies écrivent, peignent, sculptent. Aujourd'hui, elles le peuvent. C'est difficile mais elles y arrivent. Moins difficile que pour Sofonisba Anguisola et Artemisia Gentileschi (allez voir ce que ces femmes faisaient !), que pour Rosa, Berthe, Frida, Suzanne et Camille... Et pourquoi ai-je l'impression que les trois monothéismes y sont pour quelque chose dans cette difficulté des femmes à être reconnues dans leur art ? Pourquoi suis-je persuadée qu'avant, bien avant cette poussée de la vision " maman ou putain ", elle avaient leur place ? Qu'elles n'étaient pas obligées d'aller chercher avec les dents (au prix de quelles souffrances, de quelle folie) une reconnaissance qui la plupart du temps ne venait pas ? La place qu'elles ont ? Celle qu'elles se sont faite, à l'arrache.
P.S. : j'ai aussi des amis hommes peintres, sculpteurs et photographes, de vrais artistes ; mais aujourd'hui, pardonnez moi, messieurs, c'est à elles que je rends hommage. Il ne m'importe guère en quelle Langue être incomprise et de qui ! Marina Tsvetaeva
Enroulée dans son nom, La nuit navigue sur la crête de l'ému. La gerbe jaune de l'arbre fracasse la fenêtre.
Combattante sans armes, sans ennemi, Absorbée par le guêt des grues, Je compte les courbatures des draps.
Couchés sur le dos, on boit les litanies vert pomme de l'enfance. On dévore au gré des jours, des bouts de la mère ogresse, qui son doigt, qui son oreille : ainsi, le temps et nous nous entretuons. On devient fou, folle du bizutage de la vie. Pourtant la main douce de l'amour vient lisser la folie, du front vers l'arrière, pour peigner les pensées hirsutes.
Au matin, on pose les pieds sur un tapis de douilles
Cours y vite, cours y vite, il disait ! Le bonheur est... Galerie des Beaux Arts, il a pour nom Bissière. C'est un grand.
C'est un poète : avec ses titres et ses couleurs, ce qu'il dit de la terre, des arbres, des feuilles, du soleil, jointe au cœur du vrai et au vrai du cœur. Le parcours de l'expo m'a paru bizarre mais l'arrivée sur les dernières toiles est un choc.
J'ai oublié bien des choses inutiles. J'en ai appris d'essentielles.
Peut-être ai-je appris à regarder en moi-même.
Les bêtes, les arbres, le vent et le soleil, ce qu'aima tant le petit frère d'Assise, tout cela a pris pour moi un sens nouveau, son sens véritable.
Un sens profond, dense et lourd.
Je me suis senti saturé d'un monde d'images et de couleurs dont il fallait absolument s'alléger. (...)
Et si quelques-uns, ayant regardé s'attardent et sentent sourdre quelque sympathie pour l'homme que je suis, j'aurai gagné.
Si j'ai perdu et si nul ne me tend la main, je remettrai les miennes dans mes poches, plus profondément
Limpide.
Pardonnez la médiocrité des photos mais je n'ai pas trouvé les toiles que je cherchais sur la toile (pourtant si vaste). J'en ai encore plein les yeux, des accointances de traits, des attouchements de couleurs : de la beauté. Et il m'en venait des mots que je repoussais parce qu'il faut rester à sa place et que regarder requiert une disponibilité totale. Courez y vite ! Et, depuis plusieurs jours, j'ai en tête Si tu passes là-bas vers le Nord (merci Eva) et, pardon Anne, je préfère la version de 1964 à celle - superbe, j'en conviens, avec Johny Cash. Cela n'a aucun rapport avec Bissière.
Quel beau nom il a, ce musicien, beau comme sa musique !
Rameaux portant un ciel griffé par les avions. Photo Clarisse Mèneret.
Depuis quelques temps, il m'accompagne. Il est là depuis longtemps, certes, mais fait un retour en force. Vu et entendu l'autre soir sur Mezzo toute une suite de danses pour orchestre portée par Jordi Savall : un pur délice d'intelligence musicale et d'élégance, une jubilation de l'esprit et du cœur ; j'ai pensé - une fois de plus - que l'émotion ne pouvait être séparée de l'intelligence, de l'intelligibilité d'un discours tellement fin qu'il apporte l'émotion. Pas que de l'intelligence, sinon c'est sec, désincarné, monde abstrait d'où l'humain est absent... Mais du SENS, un propos. En musique aussi, en musique surtout puisque pas de mot et de l'éphémère : ce que je viens d'entendre est déjà passé. On peut rester devant un tableau, un concert s'achève.
Rameau avait un sale caractère, dit-on. Mais je comprends que Rousseau l'ait énervé (Rousseau m'énerve).
Il a 80 ans quand il compose Les Boréades, comme quoi, la valeur attend parfois le nombre des années.
Pas trouvé la sublime version de Jordi. Trouve celle de Minkowski très belle mais un peu rapide. Alors j'ai choisi des p'tits jeunes, catalans aussi (comme Jordi), pour cette superbe Contredanse en rondo qui fait danser ma tête depuis des jours et des jours.
P.S. : petit détail technique : pardon à ceux qui arrivent à poster des commentaires, je vous réponds mais mes réponses disparaissent. Alors, entre ceux qui n'arrivent pas à commenter, ceux dont les réponses disparaissent et mes réponses ratées, c'est rageant. Faut qu'je consulte (des spécialistes de Blogger).
Cela débarque parfois, arrive comme une vague qui vous prend par surprise, vous laisse pantois !
Cela a existé, vous y étiez, vous et vos autres, enfants, amis, animaux. C'est vous et ce n'est pas vous.
Les autres, c'est sûr, c'est eux. Mais vous ? Impossible de vous saisir, de vous saisir en l'instant. Pourtant vous vous souvenez de tout : la saison, l'endroit, la douceur de l'heure. Mais vous, pas moyen de vous mettre un nom dessus. Sous un auvent de bambou, devant le jardin où sûrement courent les chiens. Cette enfant au sourire indicible, au regard arrimé au vôtre, une main sur votre épaule. Quelque chose de poignant vous prend au plexus. Il fait doux, on va pouvoir dîner dehors. L'enfant demande quelque chose, peut-être : " On ira se promener après ? " ou bien " Qui tu préfères, Titus ou Mirza ? "... Il faut répondre.
Et puis quitter, oui, en se retournant un peu sur une image d'une telle douceur qu'on ne peut plus respirer, mais partir, laisser le passé au passé, à sa place et remercier que cela ait existé.
Photo : Philippe PELLETIER - Musique : Frédéric CHOPIN, Valse de l'Adieu
Je trie mes photos, enfin je tente. Il y a des moments où mon désordre m'embarrasse. J'essaie pourtant, j'essaie de classer, de ranger. Mais je sais aussi que ce désordre fait surgir parfois des choses oubliées, qui ne sont pas où elles devraient être, là où on irait logiquement les chercher. Du coup, on TOMBE dessus, au détour d'une visite ou d'une recherche d'autre chose (la serendipité, d'après Grozdanovitch - merci Martin).
Alors les trouvailles de ce matin sont de deux ordres : le très grand (clin d'œil à Christine)
(Lacanau, été 14)
Et dans les photos égarées, des petites folies, des fragments, des brisures bleues de Safi d'où naissent des petits animaux, des oiseaux chapeautés :
De là à proclamer " Vive le désordre ! ", il n'y a qu'un pas que je franchis allègrement.
Pour la zique, c'est par un errement (encore un) total et ravi que j'arrive à la magnifique dame qui chante dans TIMBUKTU. J'étais partie sur les Tambours du Bronx (à cause que mon bureau et mon ordi " c'est le Bronx " ) et puis, j'ai écouté et j'ai été surprise d'avoir tant aimé, c'est quand même bien hard. De là, je suis passée aux magnifiques Tambours du Burundi (vus deux fois en vrai, électrisants) mais las ! que des videos perso de concerts filmés à 358 mètres de la scène, façon flou artistique avec silhouettes passant devant la caméra. Et puis, j'ai pensé au passage superbe du film superbe. Capillotracté, certes mais vrai.