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jeudi 26 novembre 2015

Été 1

Été 1


Quelques jeunes nuages tressent le ciel en hâte.
Les cimes des arbres palpent et défont ces nattes.
Des pensées les piratent, scies des cigales, troubles derviches.

Des clapots d'enfants, un petit raffut diagonal.
Dans le théâtre d'ombres de nos pauvres histoires,
Nous traçons des trajectoires étranges pour éviter le soleil cru,
Pour aller vers l'ombre bienveillante.

On récapitule et on capitule et c'est le temps qui nous compte.


Laisser la berceuse
Laisser le berceau
S'abandonner au balancement de l'été qui baille.



Juillet 2015

vendredi 20 novembre 2015

Nuit Lacérée 1



Toute une nuit à lacérer
Des souvenirs cloués sur les planches des ans,
Épinglés en succession de papillons morts.
Un inconfort de draps hostiles
Et de mémoire, un château fort et ses meurtrières.

L'enfant aimait les châteaux-forts.

En quête d'une douceur disparue
Dans la traversée du chagrin macéré.



29 mars 2015


samedi 19 septembre 2015

Fatigue

Fatigue


Sous le plomb de l'air, du nerf à vif. Une impatience crispe les gestes. L'indécision fait tanguer.
On sait que même l'orage ne pansera pas l'irritation qui est ailleurs : dans l'attente de rien, l'interminable surplace, l'inconfort permanent.
On aimerait la placidité des bêtes. On tend vers le point où le lointain se dévoile, où la musique enfin déploie sa respiration.
Mais toujours, dans son clapot, l'eau de l'empêchement lèche nos yeux. Il s'en serait fallu de peu pourtant... un ver luisant aurait pu combler ces hiatus. Ou bien le chant blessé des engoulevents. Les pois de senteur éclaboussant les fossés.
Mais non, même le sommeil se refuse, nous n'en avons que la lourdeur ; pas le repos ni l'oubli.

Et depuis quand cet épuisement de tout nous est venu ?


Août 2014

vendredi 19 juin 2015

Seule notre ombre est tendre...

La doublure




Métrer le temps passé
À bâtir le silence à grands points.
Nous voyons à travers la transparence de la peine :
elle est très semblable à la fumée de cigarette.
Elle en a le parfum, invisible et présent.

Explorer les doublures à la recherche de miettes abandonnées.

Seule notre ombre est tendre.


Fin mai 2015


jeudi 16 avril 2015

20 - L'Oubli des étangs



L'oubli des étangs

Étends toi, l'étang
Lieu de peu, jouxtant le rien
Une surface et des bords, aimant les heures pâles
Celles du matin y frissonnent
Celles du soir y soupirent
Un ennui, peut-être.


Étends toi, l'étang
Sous ta paix apparente et tes infimes sursauts
Ouvre tes oubliettes

Les étangs nous oublient.


1er septembre 14



jeudi 2 avril 2015

17 - Écho



Écho



Aller à la joie dévorante, joie animale qui déchiquetera la désolation
Une joie-ravage : entrer dans la musique comme dans une vague,
Peur et liesse tressées.
Aller à l'écho surtout, dans un corps musical
Écho de squale et de mort, mort à l'air libre
Tandis que la lune s'ensable.


Février 2014

jeudi 12 mars 2015

12 - Poésie sous la Halle


Sereine et enfiévrée, la poésie est énergie. Je découvre, avant d'aller lire quelques textes à la Halle des Chartrons, que le blog de Pierre Rabhi s'appelle " L'insurrection des consciences ". Il y dit, en autres belles choses : " Sachez que les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu'ensemble ils enfantent, et l'oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel et de la terre. " Et Bonnafé (merci, VHM), parrain de cette 17ème édition du Printemps des poètes cite Novalis : " Plus il y a de poésie, plus il y a de réalité. "
J'avais prévu de lire un texte... et je ne l'ai pas fait. Je vous le livre maintenant :

Nous sommes si séparés
Sur les lèvres, un éblouissement bleu
Si lestés au plexus,
De l'enfance plein la figure, pourtant.

Sans cran de sûreté,
Sans cran d'arrêt,
Sans mot, sans écran
Directement livrés aux lames.

Les mots n'aiment pas les mots d'ordre.

Merci à Jean-Paul, Meriem et Monique et Guylaine...

dimanche 1 mars 2015

10 - L'Aveu des nuits


L'aveu des nuits

Enroulée dans son nom,
La nuit navigue sur la crête de l'ému.
La gerbe jaune de l'arbre fracasse la fenêtre.

Combattante sans armes, sans ennemi,
Absorbée par le guêt des grues,
Je compte les courbatures des draps.

Couchés sur le dos, on boit les litanies vert pomme de l'enfance.
On dévore au gré des jours, des bouts de la mère ogresse, qui son doigt, qui son oreille : ainsi, le temps et nous nous entretuons.
On devient fou, folle du bizutage de la vie.
Pourtant la main douce de l'amour vient lisser la folie, du front vers l'arrière, pour peigner les pensées hirsutes.

Au matin, on pose les pieds sur un tapis de douilles

Décembre 14